mardi 14 décembre 2010

Santiago


Une semaine à la Capitale...
Dans le cadre des rencontres de Taizé, nous avons été de nouveau hebergées dans des familles... Chacune dans une famille, et chacune émue de l'accueil toujours aussi chaleureux et généreux...´





Malheureusement nous ne passons que très peu de temps avec elles, car nos journées sont encore bien remplies : le programme s'apparente a celui de Taizé ; prières, temps d'echanges, discussions autour de differents themes, et bien sur, animations et jeux en tout genre... ( Nous paraissons tout de même exotiques, nous sommes 50 européens pour 5000 latinos, et 2 blondes un peu perdues dans la foule !!!)


Nous découvrons Santiago, ses metros, ses quartiers... Lá encore, les differences de niveau de vie sont frappantes d'un quartier à l'autre : entre Puente Alto où nous étions hebergées, et Providencia où sommes à présent, quelques minutes en métro et pourtant, 2 realités tellement differentes...
Ici on se croirait en France, vraiment : rues propres et boisées, bien entretenues et bordées d'immeubles chics.
A Puente Alto, on croit changer de ville : maisons minuscules un rien branlantes, poubelles éparses, vendeurs de rue et chiens errants...
On a comme l'impression que ces quartiers sont très séparés, chacun vivant dans son monde, sa micro société sans vraiment echanger, sans chercher à aller voir ce qui se passe a coté...

Durant tous ces jours en contact avec des chiliens, nous avons essayé d'aborder le sujet des mapuches...
Pas toujours évident de vouloir rester objectives et d'aborder la question, on sent que c'est un sujet tendu où les avis sont très partagés : nous entendons de tout.
Beaucoup reconnaissent que l'Etat occupe des terres mapuches et que ceux ci sont victimes de discriminations et d'injustices, et que bien souvent ils n'ont pas de travail et sont des gens très pauvres. Mais ils apparaissent comme vraiment manquant d'organisation, d'unification et de crédibilité.
Un peuple Mapuche s'autogérant parait illusoire : ils ne peuvent organiser leur société eux mêmes et surtout, ils sont en terre chilienne et ne peuvent donc revendiquer une indépendance qui les rendrait autonomes des autorités chiliennes.
On entend aussi qu'ils sont fainéants, violents ou encore alcooliques...de nombreux actes de violence commes des incendies dont les medias - on en a eu la preuve par la television, oooh combien regardée ici... - se sont emparés, leur conférant une image négative et discréditant toute action.
Un interessant point de vue nous confiait qu'une solution pour l'avenir serait, que des 2 cotés, des efforts soient faits pour tenter d'extraire le meilleur de chaque culture de facon à ce que tout le monde puisse en profiter... Car selon lui, la culture mapuche est très riche et très complexe, mais trop divisée et pas assez mise en valeur ; il serait pour un respect mutuel des 2 cultures mais sans donner trop d'independance aux Mapuches, qui, aujourd'hui, font partie integrante du Chli...
Dans les boutiques de souvenirs, les objets avec l'identification mapuche sont très nombreux...
Et un autre point de vue nous affirme que les chiliens sont plus fiers d'avoir des ascendants européens qu' indigènes et que beaucoup renient cette origine... non valorisante....
Les mapuches...?! certains ne paraissent pas avoir beaucoup d'intêret pour ce qui se passe...
D'autres au contraire sont engagés pour les aider dans leur lutte...
D'autres restent très neutres, nous affirmant que des 2 cotés du conflit, des arguments sont valables, chacun ayant ses raisons de penser ce qu'il pense...

De nouvelles questions s'entremèlent dans nos têtes et c'est vraiment très interressant d'essayer de comprendre le point de vue chilien. Il est fort probable que nous revenions voir tous ces amis chiliens pour en parler de retour du sud....

Apres 2 jours de repos dans un petit appart rien que pour nous d'un ami d'un ami, nous partons ce soir pour le Sud, Temuco, dans une première communauté mapuche : nous avons hâte, des découvertes et des rencontres en perspective !

lundi 13 décembre 2010

Ces 10 jours a Villa Alemana sont tellement intenses qu'on ne les voit pas passer...


Un des "mall", centre commercial
Les journées avec le groupe de jeunes, dont l'homogénéité et l'ambiance sont exceptionnelles, nous offrent chaque jour de novelles découvertes. Nous communiquons comme nous pouvons, en prenant en compte les horizons differentes de chacun : Bresil, Perou, Croatie, Suisse, Pologne, Indonésie/Hollande, et enfin Chili ; les conversations se font en español/portuguais/anglais/francais mais aussi, et surtout, en rires, en mimiques et en jeux universels. C'est avec cette joyeuse troupe  accompagnée des jeunes de la paroisse que nous passerons les 3/4 de notre temps ( le quart retant est consacré a partager avec la famille, autant dire que nos nuits sont courtes!) Ce qui nous a le plus marqué reste la visite d'un hopital public, un espece de mouroir délabré qui nous laissera touchées, un peu choquées. Alors que le Chili a des apparences européennes, voir américaines ( immenses centres commerciaux ), cet hopital nous rapelle qu'ici, tout est privatisé et que la qualité de la santé, comme celle de l'education, est un privilege reservé aux plus riches.


Hogar del Cristo, une organisation qui prend en charge (entre autres) les personnes en fin de vie, souvent seules et sans famille, nous donne un bel exemple de solidarité. Nous sentons a travers les benevoles et les salariés une force de vie et un enthousiasme qui rendent ce lieu vivant et plein de gaité...Nous sommes émues par nos rencontres avec des Papi et Mamie, qui malgres la barriere de la langue, nous offrent de beaux moments d'echanges.


Autre journée marqante : la participation a un chantier dans un des quartiers les plus pavres de la ville ; quelques maisons aux apparences de bicoques, pas d'eau courante, et de grandes familles souvent sans pere et sans travail. Ce projet initié par la paroisse a pour but de réhabiliter un jardin public de maniere écologique. Volontaires, professionnels de la permaculture, enfants du quartier, tous ensemble nous mettons la main a la pate ou plutot, les pieds dans la boue. On se retrouve a patauger dans un mélange d'eau, de terre et de paille, pour homogénéiser cette bouillie qui servira de base a tous les jeux pour enfants. Sous un soleil de plomb, tout le monde travaille, papote, chante et mange des glaces!


Nous prenons une bonne bouffée d'air dans le parc national de la Campana ; une journée de marche ( planplan et en chantant) dans un cadre et un panoramique d'exception, avec vue sur la cordilliere et la mer...avant de se rendre compte que cette foret aux allures primaires est infestée d'araignées innofensives mais grosses comme une grosse main et velues a souhait...(preuve a l'appui ; veuillez pardonner le manque de netteté de cette photo, les tremblements incontrolables de la main de Lisa n'ont pas permis meilleure qualité)









La visite de Valparaiso est egalement surprenante ; l'ambiance du port , des maisons colorées qui s'étendent a perte de vue sur les collines, un labyrinthe de rues abruptes et sinueuses, d'allées et d'escaliers oú s'échelonent des deumeures branlantes, des acenceurs antiques qui nous menent de colline en colline, une ville unique qui a inspiré bien des artistes...

A la fin de ce sejour, nous avons l'impression que le Chili est un pays plein de paradoxes et de contrastes. Mais que les gens que nos avons rencontré, de quelles origines soient-ils, nous ont toujours accueillis comme leur frere.

Nous quittons notre seconde famille d'accueil, leur toute petite maison et leur grande générosité avec regrets. Christina, en pleurant, nous prepare déja notre petit dejeuner pour notre petit dejeuner pour dans 6 mois...

Nous reviendront a la fin de notre voyage c'est promis.

mercredi 1 décembre 2010

Villa Alemana

Pour les deux premieres semaines de notre voyage, nous participons aux rencontres inter-amerique latines, organisées par la communauté de Taizé. Une coincidence avec la date de notre depart qui nous a semblée interressante : cela nous permettait d'etre accueillies dans des familles de Santiago et de ses alentours, d'avoir une premiere approche de la culture et de la vie chilienne tout en étant guidées et accompagnées.



Morin, Ilan, Viviana, Donald, Felípe, et Michelle
 Nous voila donc a Villa Alemana ( a quelques kms de Valparaiso), oú nous sommes accueillies par la tres chaleureuse famille Davidson Acevado, avec qui nous passons de formidables moments lorsque nous ne sommes pas occupées par les multiples activités prévues par les jeunes de la paroisse. Découverte de la vie religieuse qui semble occuper une place tres importante, des écoles, hopitaux et de ce qu'ils apellent " la réalité chilienne " ( nous ne savons pas encore tres bien de quoi il s'agit ! ).





Nos impressions sont étranges : cela ne ressemble en rien a ce que nous aurions pu nous imaginer et nous avons du mal a cerner ces nouveaux paysages : se cotoient routes parfaitement goudronnées et pistes cabossées, 4*4 clinquants et charettes d'un autre temps, magnifiques batisses aux jadins clos, et maisonnettes de bric et de broc. Quartiers nets  et calmes, aux rues rectilignes et boisées, comme celui oú vit la famille Davidson Acevado, dans une superbe villa avec piscine et multi media a gogo. Nous semblons donc etre chez la creme chilienne ! ( Nous tentons tant bien que mal d'etre presentables mais nos tenues de baroudeuses semblent bien ridicules !!!) 

Dimanche, Viviana et Donald nous ont emmené visiter la fierté locale Viña del Mar : Station balnéaire ultra touristique avec building et casino, qui acceuille la haute société chilienne et quelques touristes étrangers. Impressionnant aux vues des bidonvilles se situant en peripherie...

Pour l'instant nous ne comprenons pas grand chose... L'espagnol chilien a parfois des allures de chinois et tout ou presque dans la culture nous échappe. Nous commencons a peine a comprendre comment prendre une douche ou leurs habitudes alimentaires un peu deroutantes (ptit dej a l'americaine, beaucoup de viande et pas de repas du soir, remplacé par un gros gouter a base de chocolats, lait, fruits et autres grignotages).
Morin et Michelle, las chicas de notre famille d'acceuil se font un plaisir de nous apporter quelques clefs de comprehension et Feilpe est trop content d'avoir deux baby-sitters rien que pour lui...



mardi 30 novembre 2010

Vendredi 26 novembre

10h... Il neige á gros flocons á Chambéry et les au revoirs sont un peu difficiles. Ca y est, on est parties, mais on a toutes les deux un peu du mal á realiser ; ce depart qui semblait si lointain, qu'on attend et qu'on reve depuis presque un an, á présent qu'on le vit, on ne sait pas trop quelle émotion nous traverse. Mélange d'excitation, d'angoisse, de nostalgie, et de bonheur enfin.

13h20... Arrivée á la capitale. Apres quelques heures passées avec Damien, nous avons la joie de connaitre les RUSP (Reseaux Urbains Souterrains pour Parisiens) qui deviennent le vendredi soir des RUSPEMSP (Reseaux Urbains Souterrains pour Parisiens En Masse Stressés et Pressés). Rajoutons en plus pour ce soir special, un aiguillage de RER cassé, des sacs qui pesent plus lourd que nous et qui nous font depasser l'espace vital autorisé dans un metro bondé. Un vrai bonheur !

17h30... Arrivée a l'aeroport sous la neige. Au revoir a Christophe et nous decollons malgres les retards et annulations de vols causés par les intemperies. Excitation. Faim. Fatigue. Aeroport de Madrid : immense. Vide. Perdues. Embarquement immediat. Speech en espagnol incomprehensible. Aie Aie Aie. Aterrissage imminent : impatience, flou. Excitation. Faim. Fatigue.






Toutes nos affaires passent la douane, meme Pere Castor, un passager clandestin qui sera notre compagnon de voyage pendant 6 mois...







(Le clavier chilien etant assez rebelle pour les accents, nous ecrivons comme nous pouvons !)