Une semaine à la Capitale...
Dans le cadre des rencontres de Taizé, nous avons été de nouveau hebergées dans des familles... Chacune dans une famille, et chacune émue de l'accueil toujours aussi chaleureux et généreux...´
Malheureusement nous ne passons que très peu de temps avec elles, car nos journées sont encore bien remplies : le programme s'apparente a celui de Taizé ; prières, temps d'echanges, discussions autour de differents themes, et bien sur, animations et jeux en tout genre... ( Nous paraissons tout de même exotiques, nous sommes 50 européens pour 5000 latinos, et 2 blondes un peu perdues dans la foule !!!)
Nous découvrons Santiago, ses metros, ses quartiers... Lá encore, les differences de niveau de vie sont frappantes d'un quartier à l'autre : entre Puente Alto où nous étions hebergées, et Providencia où sommes à présent, quelques minutes en métro et pourtant, 2 realités tellement differentes...
Ici on se croirait en France, vraiment : rues propres et boisées, bien entretenues et bordées d'immeubles chics.A Puente Alto, on croit changer de ville : maisons minuscules un rien branlantes, poubelles éparses, vendeurs de rue et chiens errants...
On a comme l'impression que ces quartiers sont très séparés, chacun vivant dans son monde, sa micro société sans vraiment echanger, sans chercher à aller voir ce qui se passe a coté...
Durant tous ces jours en contact avec des chiliens, nous avons essayé d'aborder le sujet des mapuches...
Pas toujours évident de vouloir rester objectives et d'aborder la question, on sent que c'est un sujet tendu où les avis sont très partagés : nous entendons de tout.
Beaucoup reconnaissent que l'Etat occupe des terres mapuches et que ceux ci sont victimes de discriminations et d'injustices, et que bien souvent ils n'ont pas de travail et sont des gens très pauvres. Mais ils apparaissent comme vraiment manquant d'organisation, d'unification et de crédibilité.
Un peuple Mapuche s'autogérant parait illusoire : ils ne peuvent organiser leur société eux mêmes et surtout, ils sont en terre chilienne et ne peuvent donc revendiquer une indépendance qui les rendrait autonomes des autorités chiliennes.
On entend aussi qu'ils sont fainéants, violents ou encore alcooliques...de nombreux actes de violence commes des incendies dont les medias - on en a eu la preuve par la television, oooh combien regardée ici... - se sont emparés, leur conférant une image négative et discréditant toute action.
Un interessant point de vue nous confiait qu'une solution pour l'avenir serait, que des 2 cotés, des efforts soient faits pour tenter d'extraire le meilleur de chaque culture de facon à ce que tout le monde puisse en profiter... Car selon lui, la culture mapuche est très riche et très complexe, mais trop divisée et pas assez mise en valeur ; il serait pour un respect mutuel des 2 cultures mais sans donner trop d'independance aux Mapuches, qui, aujourd'hui, font partie integrante du Chli...
Dans les boutiques de souvenirs, les objets avec l'identification mapuche sont très nombreux...
Et un autre point de vue nous affirme que les chiliens sont plus fiers d'avoir des ascendants européens qu' indigènes et que beaucoup renient cette origine... non valorisante....
Les mapuches...?! certains ne paraissent pas avoir beaucoup d'intêret pour ce qui se passe...
D'autres au contraire sont engagés pour les aider dans leur lutte...
D'autres restent très neutres, nous affirmant que des 2 cotés du conflit, des arguments sont valables, chacun ayant ses raisons de penser ce qu'il pense...
De nouvelles questions s'entremèlent dans nos têtes et c'est vraiment très interressant d'essayer de comprendre le point de vue chilien. Il est fort probable que nous revenions voir tous ces amis chiliens pour en parler de retour du sud....
Apres 2 jours de repos dans un petit appart rien que pour nous d'un ami d'un ami, nous partons ce soir pour le Sud, Temuco, dans une première communauté mapuche : nous avons hâte, des découvertes et des rencontres en perspective !