vendredi 27 mai 2011

"Toutes les bonnes choses ont une fin", même si ce dicton est insupportable!

A l’heure où nous écrivons, nous sommes toujours au Chili et le voyage n’est pas encore terminé (oui oui, on y croit il reste encore une nuit!!!) : il nous est donc difficile de prendre du recul, mais nous pouvons essayer d’analyser ce que nous avons déjà vécu.
Nous vous faisons part de quelques idées qui fusent, spontanément, à chaud…
EUUUUUUHHH....

Commençons tout d'abord par ce que nous a apporté le Voyage de manière générale ; nous nous attarderons sur "les Mapuches" dans un second temps, car ce fut tout de même le moteur de cette aventure...

L'accueil... nous avons été touchées par celui qui nous a été réservé tout au long de ces 6 mois. Toujours reçues avec joie et enthousiasme (ou de ce qu'il en paraissait), une attention presque excessive quelquefois, beaucoup de curiosité, d'intêret et d'envie de partager, une générosité parfois gênante aussi (par exemple, lorsqu'on vous ouvre déjà ses portes avec tant d'affection, et qu'on ne vous laisse pas repartir sans une tonne de cadeaux sous les bras....). Presque chaque fois, nous avons dû promettre de revenir, d'envoyer des nouvelles et des photos... et toujours, nous sommes reparties émues, touchées et le coeur rempli de chaleur...
Cela nous fait poser de nombreuses questions quant à la manière d’accueillir l’Etranger chez nous… Ayant été un centre d'intêret dans un autre pays, nous allons certainement poser un regard encore plus attentif, plus curieux et plus intéressé sur nos Frères de ce monde....
De manière générale, nous avons tenté de cerner un peu mieux ce que peut être la réalité du Chili ; ses contrastes, inégalités et paradoxes…
Nous avons été interpellées par le système social et politique chilien : capitalisme extrême, le pays semble être dirigé tel une entreprise, dont le chef (Sebastian Piñera), lui même un entrepreneur, détiend les manettes du fonctionnement du pays (économie, comunication, médias, culture, énergies, etc...). Dans cette politique de marché, où tout tend à se commercialiser (éducation, santé, services...), la place d'un système social égalitaire nous semble bien être la dernière des préoccupations... Les services publics instaurés sous Allende, déjà minimes, tendent à se privatiser, creusant d'énormes inégalités et accroissant le fossé entre la qualité du public et du privé ; et par conséquant entre les "pauvres" et les "riches". (Bien que le Chili soit l'un des pays d'Amérique du Sud qui compte le plus de classes moyennes).
Nous avons été choquées d'apprendre le coût exorbitant des études (tout comme celui de la santé), amenant tous les jeunes chiliens à étudier à crédit, s'endettant avant même de commencer leur vie professionnelle... et sélectionnant ainsi l'accès aux études en fonction des classes sociales.
Beaucoup de chilien nous ont "chambré" sur le fait que nous ayons la possibilité d'étudier presque gratuitement, mais que nous décidions de ne pas le faire tout de suite et de partir voir le monde...! Nous prenons alors vraiment conscience de cette opportunité que tout le monde n'a pas...

En cela, nous nous sommes rendues compte de la chance que l’on peut avoir de bénéficier du système français (mais jusqu'à quand??) et de l’importance de préserver tous les acquis sociaux et les droits fondamentaux…
Envie de continuer à se bouger pour faire changer les choses, croire que chacun à sa petite échelle peut y contribuer, persuadées que ce sont les petites gouttes d’eau qui font les grandes rivières… 
Pour continuer sur cette lancée réthorique, on croit vraiment que le monde noir et hostile que l'on nous dépeind, à la télé par exemple, est certes tragique, mais aussi fait de personnes qui croient et qui développent des possibilités, à leur humble échelle, qui se battent pour un idéal et un monde plus humain.
Certaines rencontres nous ont vraiment chamboulées par leur espoirs, luttes et détermination, et même si le monde nous fait parfois penser de manière pessimiste, elles donnent l'envie de ne pas perdre confiance, de croire qu'un avenir meilleur est possible...(Votez Elolisa hahaha).
Bon, changeons de registre et buvons une gorgée d'eau.
Bonne nouvelle, malgrès les petites peurs d'avant départ, même à 18 ans (19 maintenant héhé) on est capables de voyager seules ; on a certainement appris à se dégourdir et avoir d'avantage confiance en nous… Quelques peu perdues au début, voire complètement pour être honnêtes, nous nous sommes vite aguerries, autant dans le marchandage des prix pour touristes, que dans le remballage des tentatives de dragues ( à mourir de rire en passant!)

*Nouvelles envies de voyages….........*


Bon, nous aurions encore certainement d'autres choses à raconter, mais pour éviter de tous vous endormir, on va s'arrêter là. A présent, un petit bilan de ce qu'ont pu nous apporter nos expériences auprès de la population Mapuche, même si tout ce que nous venons de dire çi dessus en fait bien sûr également partie.


Tout d’abord, que l’adaptation, l’intégration avec une culture très différente de la nôtre n’est pas aussi simple que ce que l’on pensait… Parfois il faut savoir se taire, observer, se faire tout petit, apprendre la TOLERANCE. La Tolérance, oui, mot clef de ce voyage ; il nous a fallu comprendre que nos jugements de valeur ne sont pas fondés, car en effet la différence des normes et des codes sociaux nous oblige à adopter un regard neuf, sans préjugés, démuni de ses repères habituels. Ne pas chercher à juger, c'est comme cela que l'on parvient à être le plus compréhensif, à accueillir et à accepter même ce qui nous parait étrange. Belles paroles, mais dans la pratique cela n'a pas toujours été facile ; déconcertant, douloureux, lourd parfois.
Et puis, ne pas chercher à tout prix à « aider »… Ah, aider, quel grand mot ! On s’est rendu compte qu’il est parfois bien prétentieux de vouloir aider, et qu’il vaut mieux simplement chercher à être humble et patient plutôt qu’une charge supplémentaire. Cela nous pousse aussi peut être à changer notre regard ou nos idées, cela nous force à observer, à être à l'écoute et attentif à l’autre.

De manière générale, nous avons pris conscience très concrètement de la diverse situation des indiens mapuches au Chili, de la richesse de leur culture liée à la Terre, des difficultés qu’ils peuvent rencontrer et des différentes manières de lutter et d’envisager leur futur… (Dans nos articles nous avons déjà essayé de vous faire partager ces thèmes, et de tout façon, il serait impossible de tenter de faire un résumé des diverses choses que nous avons pu découvrir et comprendre... si cela vous intéresse, on vous propose plûtot une petite discussion autour d'un maté et de quelques sopaipillas...!!!).

Nous nous sommes vraiment rendues compte de l'erreur que nous pouvons commettre en tentant de généraliser ; car la culture Mapuche, comme toute autre culture et comme toute Chose d'ailleurs, est tellement diverse et multiple ; en vivant quelques mois dans des communautés, nous sommes bien incapbles de dire "connaître" la culture Mapuche... Car si désormais nous avons acquéri de nombreuses clefs de compréhension, on ne pourra jamais se permettre de formuler des généralisations. Ou alors on se tromperait : car généraliser, c'est englober dans une image réductrice, c'est nier les diversités et divergences, qui d'autant plus, sont très importantes dans le cas de cette culture. On a plus d'éléments pour se forger une idée, mais ce ne sont que de simples exemples, un petit aperçu d'un peuple dans un pays, avec toutes les diversités possibles...
Entre le Mapuche urbain qui vit comme n'importe quel chilien et n'aurait de Mapuche que le nom ; celui qui tente de vivre sa culture au sein de la ville ; ceux encore qui essayent de récupérer leurs terres ancestrales pour revenir à un mode de vie rural ; des jeunes qui partent étudier et qui ne reviennent pas dans leurs communautés ; ou encore ceux qui continuent de vivre de façon traditonnelle et qui n'ont pas forcément conscience de la richesse de leur culture ...et puis aussi, ceux qui luttent... De tous les Mapcuhes que nous avons renontré, aucun ne se ressemble ni n'a la même manière de vivre (mais comme dans toute société qui a évolué).

On était parties dans le but de répondre à nos interrogtions -c'est ce que l'on disait- et puis, en analysant un peu nos ressentis et impressions aujourd'hui, on se dit qu'on aura toujours autant de questions qu'en partant. Parce qu'au final, on rentre avec tout plein de nouvelles problématiques qui ont pu découler des quelques réponses que l'on aura rencontré. Heureusement, d'ailleurs... le contraire serait presque triste en fait. Partir avec ses convictions, ses certitudes et ses questions, et revenir en les ayant confirmées et résolues entièrement, c'est peut être passer à coté de quelque chose. On part avec nos idées, nos doutes, nos préjugés, et le voyage nous offre une fabuleuse opportunité de les renforcer, de les renouveler ou de les remettre en question...


Rien à voir avec la choucroute mais il faut bien le caser quelque part (plus d'idées pour transitions recherchées .......), on a aussi été confrontées à...notre ignorance? Non...notre manque de savoir faire? Notre manque de "dégourdissement manuel" ? Oui, c'est peut être cela... On s'est faite plusieurs fois cette réflexion : jardinner, savoir reconnaître un plan de poireau d'un plan d'oignon, coudre, savoir faire du pain, bricoler, couper du bois, faire du feu, de ces choses manuelles et pourtant simples et basiques ; nous les jeunes, on tend à les oublier... Alors c'est certain, aujourd'hui on sait tous se servir d'un ordinateur (bouhhh Facebook!!) ou se repérer dans le métro (quoique...) mais aller vivre à la campagne, avec toute la rigueur, la rudesse et l'effort qu'elle implique, cela devient une véritable épreuve... alors que ça ne devrait pas l'être, puisque c'est justement celle-ci qui nous permet de survivre.
Nous nous sommes vraiment rendues compte du devoir que nous devrions tous avoir, qui est celui d'apprendre à se servir de ses mains, de pouvoir réaliser ces petits travaux qui, répétons le, nous paraissent vitaux et basiques. Ne serait-ce que pour comprendre le processus qui fait que la patate se retrouve dans ton assiette...
(Et en cela, soyons honnêtes, nous avons un long chemin à parcourir...)

Allez courage, c'est bientot fini! (Autant pour vous que pour nous!)
Nous aimerions que ce voyage ne se termine pas à notre seul retour physique, qu'il puisse être une source pour la suite. Essayer de trouver une continuité à ce voyage à long terme pour donner un réel sens à cette expérience (à murir : cela pourrait se concrétiser en s’engageant dans des associations ou avec d’autres futurs projets…). Nottament, nous éspérons pouvoir nous engager d'avantage dans l'association Tierra Del Fuego de Chambéry, en lien avec des communautés Mapuches, et grâce à laquelle nous avons réalisé ce voyage... Le montage du petit film qui nous attend au retour (Olalala!) est également un premier pas vers cette continuité, en le diffusant au sein de lycées, festival de voyage, associations et structures culturelles à Chambéry.
Pour finir, nous croyons sincèrement que ce voyage nous a changé, et qu’il nous conforte dans nos convictions et idéaux : faute de ne pas savoir encore exactement qui nous voulons être, nous pensons savoir qui nous ne voulons pas être et vers quel idéal nous voulons tendre, dans quelle direction aller…


Et tant d’autres choses encore…


"On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait, ou vous défait"
-Nicolas Bouvier-

(ahh ce Nico, il nous aura fait rêver pendant 6 mois!)
Ahh oui, et puis quand même, il faut bien qu'on vous dise qu'Elolisa ça marche plutôt bien, et que même en 6 mois, l'une sur l'autre, partageant puces, brosses à dents et princes charmants, on a pas réussi à se crêper le chignon (en revanche, on a fait beaucoup de crêpes heuheuheuu).... Mais nous sommes toujours aussi bêtes!!
((Ahh bah désolées, on avait encore pas "craqué" dans cet article là...))

jeudi 26 mai 2011

Bon. Il nous reste 2 semaines de voyage...*enfin, à l'heure d'aujourd'hui, il ne nous reste que 3 jours, mais effet de style oblige, on parle au présent pour que ce soit plus vivant...*
Nous avons envie d'une petite escapade dans le nord pour découvrir ses étendues sèches et désertiques, de revenir faire nos adieux à nos amis de Villa Alemana, ainsi qu'à ceux de Temuco, d'aller rencontrer les jeunes de l'association Punto Corazon à Valparaiso, et... Voici que nous nous faisons inviter à la cerémonie de replantation du totem sacré, le Rewe, par les familles du Fundo Chilkoko. Dilemme, trilemme, quadrilemme je dirais même : qu'allons nous faire?? Tout, voyons! Les nuits de bus ne sont désormais plus un obstacle à l'organisation -ou plûtot, à la désorganisation- et nous voila reparties pour quelques petits aller-retours à travers le pays !!!

Nous irons même plus au Nord que prévu, nous retrouvant soudain, par quelque miracle inconnu, dans un pays étrange : les palmiers, les maisons en adove et les églises aux apparences de mosquées nous donnent l'impression de nous retrouver au Maroc, et l'accent espagnol nouveau nous déconcerte...Pourtant, nous sommes toujours au Chili, près de la Serena, dans la vallée de l'Elqui. Drôle de vallée tout de même : le fond est verdoyant de vignes et d'arbres fruitiers, contrastant net avec les montragnes pelées de cactus et le ciel d'un bleu éclatant, où brûle un soleil à nous en faire rougir.
Petite halte spirituelle dans ces lieux meditatifs qui ont attirés hippies, liseurs de tarot, hare krishna et autres capteurs d'énergies dans leur quête de trouver des réponses aux mystères de la vie... Mystères du ciel également, auxquels nous jeterons un coup d'oeil *au téléscope*, emballées par un super astronome francais qui repondra avec patience aux questions d'Elo qui, décidement, ne comprend rien à la physique...*Mais euhh Lisaaaa, pourquoi plus une étoile est loin dans le ciel et plus elle est loin dans le passé?? *
On nous avait dit que le ciel du Nord du Chili était un endroit exceptionnel dans le monde pour l'observation de la voûte célèste, de par sa pureté et ses conditions météoroloqiues uniques... On en reviendra toutes émoustillées, émerveillées, des petites étoiles dans les yeux...et de nouvelles questions plein la tête *Mais l'infini existe il? Et la Création de l'Univers alors?? * mais ça, c'est une autre histoire...


3 jours par ci, 3 jours par là, nous faisons nos adieux *bouhhh les adieux...les aurevoirs dirons nous, puisque nous avons promis de revenir dans 5 ans...*

Nous retiendrons cette belle journée passée en compagnie de Punto Corazon, association catholique qui fonctionne grâce à l'investissement de jeunes volontaires qui viennent vivre un an ou deux au cœur de quartiers particulièrement défavorisés au service des plus délaissés, tout spécialement les enfants. Nous avons été particulièrement touchées par l'esprit de Punto Corazon, qui privilegie l'échange, l'amitié entre êtres humains, auprès des exclus et avec ceux qui n'interressent personne, plutôt que l'aide materielle ou financière. De notre humble point de vue, nous pensons que trop nombreux sont les organismes humanitaires qui négligent cette partie de soutien moral, de réelle relation, qui peut être une aide aussi voire plus importante que l'aide financière... L'idée de cet organisme est de répandre une « culture de compassion », qui remette l’homme au centre de toute préoccupation, non seulement dans les bidonvilles mais aussi dans le domaine des sciences, de l’économie, de l’art, de la politique, etc...
*Bon, l'année prochaine qu'est ce qu'on fait? Blagounette les parents, on va étudier oui oui oui...*

Un autre regard que nous posons donc sur la ville touristique de Valparaiso... Loin des échoppes de souvenirs et des restaurants branchés, nous passons rendre visiste aux "amis de Punto Corazon", des familles dont nous apprenons des parcours parfois terribles, entre drogue, alcool, viols, violence et pauvreté... Journée forte émotionnellement et humainement : nous sommes admiratives du courage et de la foi avec lesquels ces jeunes accomplissent leur mission, comme ils disent...

Après ce sejour sous le soleil des tropiiiiiiques, donne moi ta main viens danser lalala euhh du Nord, retour dans le Sud ou, paraît-il, le temps dure longtemps, et la vie sûrement, plus d'un million d'années, et toujours en été... Enfin là en l'occurence, c'est l'hiver qui frappe a notre porte, mes amis, ce soir oublions le... Il pleut sur la ville comme il pleut sur mon coeur, il fait un froid de canard qui barbottent dans la marre et qui font COIN COIN COIN COIN COIN COIN.....*ben quoi, on vous avait dit qu'on aimait pas les adieux, alors manquant de merken, ce sera avec la dérision que nous ferons passer l'affaire...*
Bon. Tout ce tsoin tsoin pour dire que nous revenons a Arauco avec joie et sans puces pour la céremonie de replantation du Rewe.
Comme nous l'avons déjà expliqué dans l'article "Arauco", les familles du Fundo Chilkoko ont obtenu de l'entreprise Bosque Arauco la permission de replanter ce totem de bois en forme d'échelle (ou parfois constitué de branche de Canelo, l'arbre sacré) qui sert de connexion entre la Machi et le monde des esprits, et ceci de manière définitive.


Vendredi, 15h30 : toutes les femmes de la famille s'activent. Olga fait cuire les dizaines de cuisses de poulets, Maria et Isabel font frire les Sopaipillas (beignets de pain), Sandra s'affaire au "Katuto" (sorte de pain cru de blé entier moulu)... Il faut prévoir de nourrir les nombreux invités de la communauté.
Samedi, tôt le matin : les hommes chargent les camionettes (tables, chaises, bombonnes de gaz, grosses marmittes, instruments de musique et couvertures...) puis nous nous entassons tous à l'arrière en direction du Fundo Chilkoko. Ah... Mais voilà que nous nous retrouvons bloqués à l'entrée : les barrières sont bien cadenassées et l'entreprise a "oublié" de donner les clés...

Mais ce n'est pas cette tentative qui empêchera la cérémonie de se réaliser : on sortira les hâches et les barres de fer et, ni une ni deux, voilà le chemin libre...
Alors que nous participons à l'installation du coin cuisine, au feu et à couper les patates pour la soupe, avant l'arrivée des invités, Juan et Gaston s'en vont les recevoir à Llico. C'est là que le Rewe avait été jeté par les gardes forestiers de l'entreprise : avant de le replanter, les mapuches lafkenche (lafken = eaux, mer et che = gens) iront le présenter à la mer et le mouiller de ses eaux...

Quelques temps plus tard, la camionette chargée du Rewe, suivie du petit bus bondé -loué à cette occasion-, débarquent en un triomphe tonitruant : cris et chants mapuches, sons de grelots, trutruka et de kültrun (trompettes et tambours), et hommes et femmes qui descendent en souriant, vêtus pour certains de leurs habits et bijoux traditionnels. Les hommes portent le tralilonko (bandeau) en laine tissé tandis que celui des femmes est en argent. Celles-ci portent également le prendedore (sorte de gros pendentif en argent aussi) qui, outre sa beauté, a une fonction bien particulière lors des cérémonies, comme tous les autres bijoux d'ailleurs. En effet ils ont un rôle de protection : la tête et le coeur sont les parties sensibles, fragiles, que les mauvais esprits peuvent atteindre ; et  les cérémonies sont les moments à risque par excellence, car il y a une communication avec le surnaturel, qui peut se manifester sous les aspects du bien ou du mal. Les femmes se protegent donc de ce risque en portant de grands et pesants bijoux au niveau de la tête et du coeur... Passionnantes ces explications, passionnantes... mais il nous en manque tellement encore!
La replantation du Rewe est précédée par des temps de prières et suivie par des danses...


Après une assiette de casuela, quelques fruits de mer, et une bonne dose de sopaipillas et de katuto au miel, le jeu de Palin commence....

Le jeu de Palin peut ressembler un peu au hockey sur gazon. Les joueurs -exclusivement les hommes-, formant 2 lignes face à face, se disputent une petite balle de bois à l'aide d'une sorte de crosse (en bois également)... Les femmes quant à elles, auraient un rôle d'encouragement mental, en récitant des prières favorables à leur équipe!
Anciennement à caractère essentiellement guerrier, ce sport, n'étant pas compétitif, aurait aujourd'hui la fonction de rapprocher les communautés (des 2 équipes de joueurs), et permettrait également une sorte de résistance culturelle face à la culture dominante chilienne.
Nous rentrons fourbues, presque indigestionnées de sopaipillas, mais tellement heureuses d'avoir eu la chance de participer de nouveau à une cérémonie.
Au cours de celle-ci, nous avons d'ailleurs pu converser avec d'autres communautés de la région, qui elles-aussi, sont confrontées à ces problèmes de récupération de leur territoire et en particulier de sites sacrés, qui sont occupés par l'Etat (carabineros=police), les entreprises multinationales, ou aussi par des particuliers...


Cette replantation définitive du Rewe semble bien être un premier pas dans la lutte avec l'entreprise Bosque Arauco... Mais au vue de la monstrueuse importance de la forestale, on peut se demander jusqu'où cette dernière ouvrira le dialogue ; Et pour les autres communautés, arriveront-elles également à faire entendre leurs droits et à récupérer leur patrimoine...???
On revient dans 5 ans pour répondre à toutes ces questions ; en attendant, il nous faut faire nos au revoir à tout le monde. Emotions, larmes, c'est une deuxième famille que l'on quitte à Arauco...