C'est parti, rattrapons notre retard!
"Si je n'étais pas parvenu à écrire grand chose, c'est qu'être heureux me prenait tout mon temps. D'ailleurs, nous ne sommes pas juges du temps perdu. " Nicolas Bouvier.
(Voilá, "Nico" nous comprend bien!)
Le temps, le temps, parlons-en du temps... Car c'est une notion bien complexe en voyage... (Voici donc quelques extraits de nos carnets de voyage, excusez d'avance les emportées lyriques de nos réflexions juvéniles.)

Déjà 5 mois de voyage, et pourtant il nous semble encore que nous partions hier... Les mois se suivent, lundi ou samedi n'ont plus beaucoup de significations (sauf le dimanche où tout est fermé et oú on se retrouve sans rien à manger...), ils sont juste là pour nous rappeller qu'un jour il va falloir rentrer.
Nous perdons la notion du temps... ou la gagnons, justement !? Deux jours de bus, ou un jour à ne rien faire, mais qu'importe, l'essentiel est de savourer chaque instant, et cela est vraiment possible lorsqu'on prend le temps... On déconnecte, on fige un instant ce terrible mécanisme qui rythme tant notre vie. On devrait pouvoir le faire toute sa vie, et pas seulement qu'en voyage; mais le voyage offre cette possibilité que notre vie quotidienne ne nous laisse pas le temps de saisir. Englués dans un quotidien qui peut nous détourner de nos passions, de nos folies, de nos rêves. Un quotidien qui nous harasse et nous éloigne parfois de ce à quoi nous aspirons vraiment, par toutes ces contraintes, ces impératifs, ce temps qui passe trop vite... Pauvres de nous: de petits pantins qui s'affairent dans tous les sens en oubliant l'essentiel, pour "gagner du temps", mais c'est lui qui nous prend de vitesse, parce qu'on oublie qu'au final on court tous vers notre mort... (Gloups)
Et puis au fait, pourquoi avoir tant disséqué le temps et si strictement? Mois, jours, heures, secondes....
Du temps ancestral des Mapuches le calendrier était celui des saisons, un peu comme aujourd'hui mais avec la grande différence de n'être pas fixe. Ainsi, le nouvel an se déroulait au début de l'hiver, quand la terre se repose, s'assainit pour mieux se préparer a renaître avec le printemps. Et si l'été durait 3 "mois" au lieu de 2, "l'année" comptait un "mois" de plus... Et celle d'après, 2 "semaines" de moins... (bien sûr, les concepts de mois et semaines n'existaient pas, c'est juste pour illustrer).
Au rythme de la nature... Un autre monde, un autre temps...

Aujourd'hui, nous sommes au rythme de la montre; mais lorsque 2 heures de maths sont une éternité et qu'on ne voit pas 6 mois passer, on se dit alors que jamais on ne pourra saisir le temps. Seulement des instants, de joie, de peine, d'emotion, de contemplation, de réflexion... A nous de les attraper, d'en profiter, et si ils sont beaux, de les conserver : oui, les extirper hors du temps, à jamais présents dans nos mémoires. Car dans la folle course du temps, quoi de plus beau que de s'en échapper : on rêve, on se souvient, on pense, et on oublie les aiguilles qui tournent, les jours qui passent, les années qui défilent, inéluctablement...
Cependant, à la seconde de la minute du jour d'aujourd'hui, et malgrés nos réflexions, nous ne pouvons oublier que nous avons un mois de racontage de voyage à rattraper, alors...au boulot!!
Ce fut un mois différent des autres, comme un nouveau voyage, mais qui, commes toujours, passa bien trop rapidement, intensément rempli de rencontres, de découvertes, d'instants souverains coulés au fond de nos mémoires où l'on ira les rechercher un jour... ( Euhh, Lisa t'as mis quoi dans le riz de ce midi??)