samedi 3 mars 2012

Projection du film

Et Mercredi 4 avril à 20h, au local du CAF (Club Alpin Français) de Chambéry !

http://www.cafchambery.com/article.php3?id_article=4126

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On repasse notre film ce Mardi 27 mars à 20h à la Maison des Associations (salle 319) de Grenoble avec l'association "Maison Latina" :

"L' association Maison Latina, dans le cadre d’un travail sur Mémoires et Réalités de l’Amérique Latine, organise dans l’année, des projections de films ou documentaires sur l'Amérique ; le but est de promouvoir, échanger, discuter sur les diverses problématiques de notre continent, accessible a tout publique. Je vous invite à visiter le site de Maison Latine (http://maisonlatina.asso-web.com/)."

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Bonjour à tous !
Lundi 5 mars, à 17h, Amphi A de l'IEP de Grenoble
Dans le cadre du "Mois de l'Amérique Latine", on passe le film que l'on a réalisé après cette expérience : 
Un voyage, des luttes, mille espoirs.
A la rencontre des indiens Mapuches du Chili.
A bientôt!

http://www.wix.com/dialogosconamerica/lemois


vendredi 27 mai 2011

"Toutes les bonnes choses ont une fin", même si ce dicton est insupportable!

A l’heure où nous écrivons, nous sommes toujours au Chili et le voyage n’est pas encore terminé (oui oui, on y croit il reste encore une nuit!!!) : il nous est donc difficile de prendre du recul, mais nous pouvons essayer d’analyser ce que nous avons déjà vécu.
Nous vous faisons part de quelques idées qui fusent, spontanément, à chaud…
EUUUUUUHHH....

Commençons tout d'abord par ce que nous a apporté le Voyage de manière générale ; nous nous attarderons sur "les Mapuches" dans un second temps, car ce fut tout de même le moteur de cette aventure...

L'accueil... nous avons été touchées par celui qui nous a été réservé tout au long de ces 6 mois. Toujours reçues avec joie et enthousiasme (ou de ce qu'il en paraissait), une attention presque excessive quelquefois, beaucoup de curiosité, d'intêret et d'envie de partager, une générosité parfois gênante aussi (par exemple, lorsqu'on vous ouvre déjà ses portes avec tant d'affection, et qu'on ne vous laisse pas repartir sans une tonne de cadeaux sous les bras....). Presque chaque fois, nous avons dû promettre de revenir, d'envoyer des nouvelles et des photos... et toujours, nous sommes reparties émues, touchées et le coeur rempli de chaleur...
Cela nous fait poser de nombreuses questions quant à la manière d’accueillir l’Etranger chez nous… Ayant été un centre d'intêret dans un autre pays, nous allons certainement poser un regard encore plus attentif, plus curieux et plus intéressé sur nos Frères de ce monde....
De manière générale, nous avons tenté de cerner un peu mieux ce que peut être la réalité du Chili ; ses contrastes, inégalités et paradoxes…
Nous avons été interpellées par le système social et politique chilien : capitalisme extrême, le pays semble être dirigé tel une entreprise, dont le chef (Sebastian Piñera), lui même un entrepreneur, détiend les manettes du fonctionnement du pays (économie, comunication, médias, culture, énergies, etc...). Dans cette politique de marché, où tout tend à se commercialiser (éducation, santé, services...), la place d'un système social égalitaire nous semble bien être la dernière des préoccupations... Les services publics instaurés sous Allende, déjà minimes, tendent à se privatiser, creusant d'énormes inégalités et accroissant le fossé entre la qualité du public et du privé ; et par conséquant entre les "pauvres" et les "riches". (Bien que le Chili soit l'un des pays d'Amérique du Sud qui compte le plus de classes moyennes).
Nous avons été choquées d'apprendre le coût exorbitant des études (tout comme celui de la santé), amenant tous les jeunes chiliens à étudier à crédit, s'endettant avant même de commencer leur vie professionnelle... et sélectionnant ainsi l'accès aux études en fonction des classes sociales.
Beaucoup de chilien nous ont "chambré" sur le fait que nous ayons la possibilité d'étudier presque gratuitement, mais que nous décidions de ne pas le faire tout de suite et de partir voir le monde...! Nous prenons alors vraiment conscience de cette opportunité que tout le monde n'a pas...

En cela, nous nous sommes rendues compte de la chance que l’on peut avoir de bénéficier du système français (mais jusqu'à quand??) et de l’importance de préserver tous les acquis sociaux et les droits fondamentaux…
Envie de continuer à se bouger pour faire changer les choses, croire que chacun à sa petite échelle peut y contribuer, persuadées que ce sont les petites gouttes d’eau qui font les grandes rivières… 
Pour continuer sur cette lancée réthorique, on croit vraiment que le monde noir et hostile que l'on nous dépeind, à la télé par exemple, est certes tragique, mais aussi fait de personnes qui croient et qui développent des possibilités, à leur humble échelle, qui se battent pour un idéal et un monde plus humain.
Certaines rencontres nous ont vraiment chamboulées par leur espoirs, luttes et détermination, et même si le monde nous fait parfois penser de manière pessimiste, elles donnent l'envie de ne pas perdre confiance, de croire qu'un avenir meilleur est possible...(Votez Elolisa hahaha).
Bon, changeons de registre et buvons une gorgée d'eau.
Bonne nouvelle, malgrès les petites peurs d'avant départ, même à 18 ans (19 maintenant héhé) on est capables de voyager seules ; on a certainement appris à se dégourdir et avoir d'avantage confiance en nous… Quelques peu perdues au début, voire complètement pour être honnêtes, nous nous sommes vite aguerries, autant dans le marchandage des prix pour touristes, que dans le remballage des tentatives de dragues ( à mourir de rire en passant!)

*Nouvelles envies de voyages….........*


Bon, nous aurions encore certainement d'autres choses à raconter, mais pour éviter de tous vous endormir, on va s'arrêter là. A présent, un petit bilan de ce qu'ont pu nous apporter nos expériences auprès de la population Mapuche, même si tout ce que nous venons de dire çi dessus en fait bien sûr également partie.


Tout d’abord, que l’adaptation, l’intégration avec une culture très différente de la nôtre n’est pas aussi simple que ce que l’on pensait… Parfois il faut savoir se taire, observer, se faire tout petit, apprendre la TOLERANCE. La Tolérance, oui, mot clef de ce voyage ; il nous a fallu comprendre que nos jugements de valeur ne sont pas fondés, car en effet la différence des normes et des codes sociaux nous oblige à adopter un regard neuf, sans préjugés, démuni de ses repères habituels. Ne pas chercher à juger, c'est comme cela que l'on parvient à être le plus compréhensif, à accueillir et à accepter même ce qui nous parait étrange. Belles paroles, mais dans la pratique cela n'a pas toujours été facile ; déconcertant, douloureux, lourd parfois.
Et puis, ne pas chercher à tout prix à « aider »… Ah, aider, quel grand mot ! On s’est rendu compte qu’il est parfois bien prétentieux de vouloir aider, et qu’il vaut mieux simplement chercher à être humble et patient plutôt qu’une charge supplémentaire. Cela nous pousse aussi peut être à changer notre regard ou nos idées, cela nous force à observer, à être à l'écoute et attentif à l’autre.

De manière générale, nous avons pris conscience très concrètement de la diverse situation des indiens mapuches au Chili, de la richesse de leur culture liée à la Terre, des difficultés qu’ils peuvent rencontrer et des différentes manières de lutter et d’envisager leur futur… (Dans nos articles nous avons déjà essayé de vous faire partager ces thèmes, et de tout façon, il serait impossible de tenter de faire un résumé des diverses choses que nous avons pu découvrir et comprendre... si cela vous intéresse, on vous propose plûtot une petite discussion autour d'un maté et de quelques sopaipillas...!!!).

Nous nous sommes vraiment rendues compte de l'erreur que nous pouvons commettre en tentant de généraliser ; car la culture Mapuche, comme toute autre culture et comme toute Chose d'ailleurs, est tellement diverse et multiple ; en vivant quelques mois dans des communautés, nous sommes bien incapbles de dire "connaître" la culture Mapuche... Car si désormais nous avons acquéri de nombreuses clefs de compréhension, on ne pourra jamais se permettre de formuler des généralisations. Ou alors on se tromperait : car généraliser, c'est englober dans une image réductrice, c'est nier les diversités et divergences, qui d'autant plus, sont très importantes dans le cas de cette culture. On a plus d'éléments pour se forger une idée, mais ce ne sont que de simples exemples, un petit aperçu d'un peuple dans un pays, avec toutes les diversités possibles...
Entre le Mapuche urbain qui vit comme n'importe quel chilien et n'aurait de Mapuche que le nom ; celui qui tente de vivre sa culture au sein de la ville ; ceux encore qui essayent de récupérer leurs terres ancestrales pour revenir à un mode de vie rural ; des jeunes qui partent étudier et qui ne reviennent pas dans leurs communautés ; ou encore ceux qui continuent de vivre de façon traditonnelle et qui n'ont pas forcément conscience de la richesse de leur culture ...et puis aussi, ceux qui luttent... De tous les Mapcuhes que nous avons renontré, aucun ne se ressemble ni n'a la même manière de vivre (mais comme dans toute société qui a évolué).

On était parties dans le but de répondre à nos interrogtions -c'est ce que l'on disait- et puis, en analysant un peu nos ressentis et impressions aujourd'hui, on se dit qu'on aura toujours autant de questions qu'en partant. Parce qu'au final, on rentre avec tout plein de nouvelles problématiques qui ont pu découler des quelques réponses que l'on aura rencontré. Heureusement, d'ailleurs... le contraire serait presque triste en fait. Partir avec ses convictions, ses certitudes et ses questions, et revenir en les ayant confirmées et résolues entièrement, c'est peut être passer à coté de quelque chose. On part avec nos idées, nos doutes, nos préjugés, et le voyage nous offre une fabuleuse opportunité de les renforcer, de les renouveler ou de les remettre en question...


Rien à voir avec la choucroute mais il faut bien le caser quelque part (plus d'idées pour transitions recherchées .......), on a aussi été confrontées à...notre ignorance? Non...notre manque de savoir faire? Notre manque de "dégourdissement manuel" ? Oui, c'est peut être cela... On s'est faite plusieurs fois cette réflexion : jardinner, savoir reconnaître un plan de poireau d'un plan d'oignon, coudre, savoir faire du pain, bricoler, couper du bois, faire du feu, de ces choses manuelles et pourtant simples et basiques ; nous les jeunes, on tend à les oublier... Alors c'est certain, aujourd'hui on sait tous se servir d'un ordinateur (bouhhh Facebook!!) ou se repérer dans le métro (quoique...) mais aller vivre à la campagne, avec toute la rigueur, la rudesse et l'effort qu'elle implique, cela devient une véritable épreuve... alors que ça ne devrait pas l'être, puisque c'est justement celle-ci qui nous permet de survivre.
Nous nous sommes vraiment rendues compte du devoir que nous devrions tous avoir, qui est celui d'apprendre à se servir de ses mains, de pouvoir réaliser ces petits travaux qui, répétons le, nous paraissent vitaux et basiques. Ne serait-ce que pour comprendre le processus qui fait que la patate se retrouve dans ton assiette...
(Et en cela, soyons honnêtes, nous avons un long chemin à parcourir...)

Allez courage, c'est bientot fini! (Autant pour vous que pour nous!)
Nous aimerions que ce voyage ne se termine pas à notre seul retour physique, qu'il puisse être une source pour la suite. Essayer de trouver une continuité à ce voyage à long terme pour donner un réel sens à cette expérience (à murir : cela pourrait se concrétiser en s’engageant dans des associations ou avec d’autres futurs projets…). Nottament, nous éspérons pouvoir nous engager d'avantage dans l'association Tierra Del Fuego de Chambéry, en lien avec des communautés Mapuches, et grâce à laquelle nous avons réalisé ce voyage... Le montage du petit film qui nous attend au retour (Olalala!) est également un premier pas vers cette continuité, en le diffusant au sein de lycées, festival de voyage, associations et structures culturelles à Chambéry.
Pour finir, nous croyons sincèrement que ce voyage nous a changé, et qu’il nous conforte dans nos convictions et idéaux : faute de ne pas savoir encore exactement qui nous voulons être, nous pensons savoir qui nous ne voulons pas être et vers quel idéal nous voulons tendre, dans quelle direction aller…


Et tant d’autres choses encore…


"On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait, ou vous défait"
-Nicolas Bouvier-

(ahh ce Nico, il nous aura fait rêver pendant 6 mois!)
Ahh oui, et puis quand même, il faut bien qu'on vous dise qu'Elolisa ça marche plutôt bien, et que même en 6 mois, l'une sur l'autre, partageant puces, brosses à dents et princes charmants, on a pas réussi à se crêper le chignon (en revanche, on a fait beaucoup de crêpes heuheuheuu).... Mais nous sommes toujours aussi bêtes!!
((Ahh bah désolées, on avait encore pas "craqué" dans cet article là...))

jeudi 26 mai 2011

Bon. Il nous reste 2 semaines de voyage...*enfin, à l'heure d'aujourd'hui, il ne nous reste que 3 jours, mais effet de style oblige, on parle au présent pour que ce soit plus vivant...*
Nous avons envie d'une petite escapade dans le nord pour découvrir ses étendues sèches et désertiques, de revenir faire nos adieux à nos amis de Villa Alemana, ainsi qu'à ceux de Temuco, d'aller rencontrer les jeunes de l'association Punto Corazon à Valparaiso, et... Voici que nous nous faisons inviter à la cerémonie de replantation du totem sacré, le Rewe, par les familles du Fundo Chilkoko. Dilemme, trilemme, quadrilemme je dirais même : qu'allons nous faire?? Tout, voyons! Les nuits de bus ne sont désormais plus un obstacle à l'organisation -ou plûtot, à la désorganisation- et nous voila reparties pour quelques petits aller-retours à travers le pays !!!

Nous irons même plus au Nord que prévu, nous retrouvant soudain, par quelque miracle inconnu, dans un pays étrange : les palmiers, les maisons en adove et les églises aux apparences de mosquées nous donnent l'impression de nous retrouver au Maroc, et l'accent espagnol nouveau nous déconcerte...Pourtant, nous sommes toujours au Chili, près de la Serena, dans la vallée de l'Elqui. Drôle de vallée tout de même : le fond est verdoyant de vignes et d'arbres fruitiers, contrastant net avec les montragnes pelées de cactus et le ciel d'un bleu éclatant, où brûle un soleil à nous en faire rougir.
Petite halte spirituelle dans ces lieux meditatifs qui ont attirés hippies, liseurs de tarot, hare krishna et autres capteurs d'énergies dans leur quête de trouver des réponses aux mystères de la vie... Mystères du ciel également, auxquels nous jeterons un coup d'oeil *au téléscope*, emballées par un super astronome francais qui repondra avec patience aux questions d'Elo qui, décidement, ne comprend rien à la physique...*Mais euhh Lisaaaa, pourquoi plus une étoile est loin dans le ciel et plus elle est loin dans le passé?? *
On nous avait dit que le ciel du Nord du Chili était un endroit exceptionnel dans le monde pour l'observation de la voûte célèste, de par sa pureté et ses conditions météoroloqiues uniques... On en reviendra toutes émoustillées, émerveillées, des petites étoiles dans les yeux...et de nouvelles questions plein la tête *Mais l'infini existe il? Et la Création de l'Univers alors?? * mais ça, c'est une autre histoire...


3 jours par ci, 3 jours par là, nous faisons nos adieux *bouhhh les adieux...les aurevoirs dirons nous, puisque nous avons promis de revenir dans 5 ans...*

Nous retiendrons cette belle journée passée en compagnie de Punto Corazon, association catholique qui fonctionne grâce à l'investissement de jeunes volontaires qui viennent vivre un an ou deux au cœur de quartiers particulièrement défavorisés au service des plus délaissés, tout spécialement les enfants. Nous avons été particulièrement touchées par l'esprit de Punto Corazon, qui privilegie l'échange, l'amitié entre êtres humains, auprès des exclus et avec ceux qui n'interressent personne, plutôt que l'aide materielle ou financière. De notre humble point de vue, nous pensons que trop nombreux sont les organismes humanitaires qui négligent cette partie de soutien moral, de réelle relation, qui peut être une aide aussi voire plus importante que l'aide financière... L'idée de cet organisme est de répandre une « culture de compassion », qui remette l’homme au centre de toute préoccupation, non seulement dans les bidonvilles mais aussi dans le domaine des sciences, de l’économie, de l’art, de la politique, etc...
*Bon, l'année prochaine qu'est ce qu'on fait? Blagounette les parents, on va étudier oui oui oui...*

Un autre regard que nous posons donc sur la ville touristique de Valparaiso... Loin des échoppes de souvenirs et des restaurants branchés, nous passons rendre visiste aux "amis de Punto Corazon", des familles dont nous apprenons des parcours parfois terribles, entre drogue, alcool, viols, violence et pauvreté... Journée forte émotionnellement et humainement : nous sommes admiratives du courage et de la foi avec lesquels ces jeunes accomplissent leur mission, comme ils disent...

Après ce sejour sous le soleil des tropiiiiiiques, donne moi ta main viens danser lalala euhh du Nord, retour dans le Sud ou, paraît-il, le temps dure longtemps, et la vie sûrement, plus d'un million d'années, et toujours en été... Enfin là en l'occurence, c'est l'hiver qui frappe a notre porte, mes amis, ce soir oublions le... Il pleut sur la ville comme il pleut sur mon coeur, il fait un froid de canard qui barbottent dans la marre et qui font COIN COIN COIN COIN COIN COIN.....*ben quoi, on vous avait dit qu'on aimait pas les adieux, alors manquant de merken, ce sera avec la dérision que nous ferons passer l'affaire...*
Bon. Tout ce tsoin tsoin pour dire que nous revenons a Arauco avec joie et sans puces pour la céremonie de replantation du Rewe.
Comme nous l'avons déjà expliqué dans l'article "Arauco", les familles du Fundo Chilkoko ont obtenu de l'entreprise Bosque Arauco la permission de replanter ce totem de bois en forme d'échelle (ou parfois constitué de branche de Canelo, l'arbre sacré) qui sert de connexion entre la Machi et le monde des esprits, et ceci de manière définitive.


Vendredi, 15h30 : toutes les femmes de la famille s'activent. Olga fait cuire les dizaines de cuisses de poulets, Maria et Isabel font frire les Sopaipillas (beignets de pain), Sandra s'affaire au "Katuto" (sorte de pain cru de blé entier moulu)... Il faut prévoir de nourrir les nombreux invités de la communauté.
Samedi, tôt le matin : les hommes chargent les camionettes (tables, chaises, bombonnes de gaz, grosses marmittes, instruments de musique et couvertures...) puis nous nous entassons tous à l'arrière en direction du Fundo Chilkoko. Ah... Mais voilà que nous nous retrouvons bloqués à l'entrée : les barrières sont bien cadenassées et l'entreprise a "oublié" de donner les clés...

Mais ce n'est pas cette tentative qui empêchera la cérémonie de se réaliser : on sortira les hâches et les barres de fer et, ni une ni deux, voilà le chemin libre...
Alors que nous participons à l'installation du coin cuisine, au feu et à couper les patates pour la soupe, avant l'arrivée des invités, Juan et Gaston s'en vont les recevoir à Llico. C'est là que le Rewe avait été jeté par les gardes forestiers de l'entreprise : avant de le replanter, les mapuches lafkenche (lafken = eaux, mer et che = gens) iront le présenter à la mer et le mouiller de ses eaux...

Quelques temps plus tard, la camionette chargée du Rewe, suivie du petit bus bondé -loué à cette occasion-, débarquent en un triomphe tonitruant : cris et chants mapuches, sons de grelots, trutruka et de kültrun (trompettes et tambours), et hommes et femmes qui descendent en souriant, vêtus pour certains de leurs habits et bijoux traditionnels. Les hommes portent le tralilonko (bandeau) en laine tissé tandis que celui des femmes est en argent. Celles-ci portent également le prendedore (sorte de gros pendentif en argent aussi) qui, outre sa beauté, a une fonction bien particulière lors des cérémonies, comme tous les autres bijoux d'ailleurs. En effet ils ont un rôle de protection : la tête et le coeur sont les parties sensibles, fragiles, que les mauvais esprits peuvent atteindre ; et  les cérémonies sont les moments à risque par excellence, car il y a une communication avec le surnaturel, qui peut se manifester sous les aspects du bien ou du mal. Les femmes se protegent donc de ce risque en portant de grands et pesants bijoux au niveau de la tête et du coeur... Passionnantes ces explications, passionnantes... mais il nous en manque tellement encore!
La replantation du Rewe est précédée par des temps de prières et suivie par des danses...


Après une assiette de casuela, quelques fruits de mer, et une bonne dose de sopaipillas et de katuto au miel, le jeu de Palin commence....

Le jeu de Palin peut ressembler un peu au hockey sur gazon. Les joueurs -exclusivement les hommes-, formant 2 lignes face à face, se disputent une petite balle de bois à l'aide d'une sorte de crosse (en bois également)... Les femmes quant à elles, auraient un rôle d'encouragement mental, en récitant des prières favorables à leur équipe!
Anciennement à caractère essentiellement guerrier, ce sport, n'étant pas compétitif, aurait aujourd'hui la fonction de rapprocher les communautés (des 2 équipes de joueurs), et permettrait également une sorte de résistance culturelle face à la culture dominante chilienne.
Nous rentrons fourbues, presque indigestionnées de sopaipillas, mais tellement heureuses d'avoir eu la chance de participer de nouveau à une cérémonie.
Au cours de celle-ci, nous avons d'ailleurs pu converser avec d'autres communautés de la région, qui elles-aussi, sont confrontées à ces problèmes de récupération de leur territoire et en particulier de sites sacrés, qui sont occupés par l'Etat (carabineros=police), les entreprises multinationales, ou aussi par des particuliers...


Cette replantation définitive du Rewe semble bien être un premier pas dans la lutte avec l'entreprise Bosque Arauco... Mais au vue de la monstrueuse importance de la forestale, on peut se demander jusqu'où cette dernière ouvrira le dialogue ; Et pour les autres communautés, arriveront-elles également à faire entendre leurs droits et à récupérer leur patrimoine...???
On revient dans 5 ans pour répondre à toutes ces questions ; en attendant, il nous faut faire nos au revoir à tout le monde. Emotions, larmes, c'est une deuxième famille que l'on quitte à Arauco...

samedi 7 mai 2011

Et pour finir, Concepcion

Concepcion est la 2ème grande ville du chili après Santiago, où se concentre la moitié des habitants du pays. Mais comme à Santiago, les mapuches dits urbains sont nombreux : ils représentent 10% de la population à " Conce", comme disent les d'jeunes !
Accueillies par Marlene, la soeur de Luis, nous y passerons quelques jours. La ville est encore bien marquée par le tremblement de terre de l'année dernière : des immeubles encore par terre, des cabanes de substitions toujours présentes aux abords de la ville oú s'entassent toujours les sinistrés. Les familles chez qui nous étions hebergées nous ont fait part avec émotions des récits de cette terrible expérience.... impressionnant !

Comme la plupart des familles mapuches vivant en ville, ils nous parlent de leurs difficultés à vivre leur culture loin de leur terre, de celles qui ont eu à s'intégrer à la ville, mais s'organisent en associations pour créer un certain lien social entre mapuches, et renforcer leur culture au sein de la ville en programmant des cérémonies : Guillatüm, Watripantu (nouvel an mapuche le 21 juin),...

Ils tiennent également une émission radio mapuche qu'ils animent tous les lundis, au sein d'une radio communautaire : La voz de la mujer, 98.5, esta es tu radio... où nous fûmes invitées à converser en direct avec le présentateur... (Nous vous épargnons la pertinence de nos propos...!!!)

De plus, ils participent à différentes manifestations, et profiteront d'ailleurs de la marche du 1er mai pour sortir le drapeau mapuche, et faire entendre leurs revendications sous l'oeil attentif des carabineros (police chilienne) ; parmi la foule, au milieu des mapuches, deux petites blondes qui crient en coeur : " Liberar, liberar, al mapuche por luchar " (Libérer, libérer, le mapuche qui lutte), "Lautaro, se despierta tu pueblo" (Lautaro - grand chef mapuche-, ton peuple se réveille), "Piñera, entiende, la tierra no se vende" (Piñera -président actuel-, écoute-moi, la terre ne se vend pas), "No queremos, no necesitamos, esta ley racista, anti-terrorista" (Nous ne voulons pas, nous n'avons pas besoin de cette loi raciste, anti-terroriste -cf: loi anti-terroriste datant de Pinochet toujours appliquée exclusivement aux mapuches), "Mari che weuuu, yeyeyeyeyeeeeeeee " (10 fois nous vaincrons : cri de guerre mapuche).

A la fin de la manifestation, nous fûmes invitées par le parti communiste à festoyer à grands coups de boudin aux pommes de terre (photo ci-contre) mais nous déclinerons, à leur grand regret, la proposition de rejoindre les rangs...!


Nous quittons Marlene et sa famille rigolarde, qui aura tenté de nous convertir en supportrices de l'équipe de football de la Universidad de Chile (en vain), adieux Eloissssa y Lissssa simpson (haha... la blague qu'on ne peut plus supporter), cuidense (prenez soin de vous!) et on se revoit certainement pour la cérémonie du Rewe...

jeudi 5 mai 2011

Auraco, pour continuer

C'est à Arauco que nous passerons les deux dernières semaines du mois d'avril. Accueillies par la famille de Juan et Olga, nous y passerons des moments forts et humains, et repartirons émues, quelques peu révoltées et le coeur rempli d'une douce chaleur.
C'est fou comme on peut s'attacher aux gens, parfois. Peut-être est-ce le voyage qui nous rend plus sensibles, plus récéptives et plus ouvertes, plus fragiles aussi... Peut-être est-ce parce que nous sommes là, seules, entières et ouvertes à l'Autre, animées d'une profonde et dévorante envie, celle de partager et d'échanger, surpassant la barrière de la culture et de la langue pour communiquer avec celle du coeur.

Bon, fini le lyrisme, on s'explique : la famille Antileo (composée des 6 enfants et des familles de ces derniers) est l'une des 3 familles mapuches ayant été expropriée de ses terres, comme la famille Lincopi. Isabel, la grand mère, petite femme à l'énergie débordante et à l'humour vif et piquant, n'a pourtant pas toujours été comme cela. Petite, elle a vécu dans le "Fundo Chilkoko" avant d'en être expulsée, physiquement, elle et sa famille. Tentant de s'intégrer à la ville et de s'assimiler, voire de se dissimuler pour éviter rascisme et discriminations, ils ont passé de longues années dans la honte de leurs origines en essayant de vivre dignement et de combattre une grande pauvreté. Aujourd'hui, les mentalités ont évoluées et, au-delà d'être fière de ses origines, la famille Antileo s'organise et lutte pour récupérer son territoire et ses nombreux sites sacrés, pour dénoncer les dégâts écologiques causés par les rejets dans la mer de l'usine de cellulose voisine, pour enfin occuper une place dans l'organisation et l'aménagement du territoire.

Concrètement, ils ont occupé inégalement le territoire en question pour engager le conflit et le débat ( ils furent d'ailleurs presque tous arrêtés par la police), organisent de nombreuses manifestations et réunions avec les entreprises forestales et s'immiscent dans celles des municipalités. D'autre part, ils tentent de faire valoir le patrimoine culturel mapuche au sein de la ville en développant un projet de centre culturel mapuche avec restaurant, artisanat, info et conférences...
Il y a quelques mois (avec les 2 autres familles du fundo Chilkoko), ils ont obtenu de Bosque arauco la permission de réaliser la cérémonie du jeu de Palín sur le site sacré de la laguna. A cette occasion, ils ont planté un Rewe, totem de bois en forme d'échelle (ou parfois constitué de branche de Canelo, l'arbre sacré), qui sert de connexion entre la Machi et le monde des esprits. La cérémonie terminée, ils ont délibérement laissé le Rewe planté, témoin de leur place sur ce territoire et de la détérmination avec laquelle ils comptent le  récuperer. Ne faisant pas partie des accords passés avec Bosque arauco, ces derniers vinrent et déplantèrent le Rewe pour le jeter devant la maison du Lonko Don Luis Lincopi... Scandale dans la communauté, profanation, mais également un bon moyen pour faire parler de la situation et réengager le débat avec l'entreprise ! (En découlera entre autres, la réunion à laquelle nous assisterons - voir article "Llico"-) A la fin du mois, après de longues négociations avec l'entreprise, le Rewe va être replanté de manière définitive cette fois-ci, premier pas vers la récupération de leurs sites sacrés ..?

             ...Rewe...                   

Bon, après ce rapport détaillé en mode journalistes ( L'Arauco Libéré, bonsoir!), voici quelques pages de vie et d'anecdotes un peu plus croustillantes. Nous passerons donc 10 jours chez Juan et Olga et leurs splendides, magnifiques...que dis-je, leurs forts sympathiques fils, Felipe, Juan-Alejandro et Matías, respectivement 26, 25 et 19 ans. L'ambiance familiale est bien chaleureuse et nous rigolons beaucoup ; les garçons sont fiers de nous exiber à leurs amis intrigués, dans cette ville si célèbre et hautement touristique qu'est Auraco (ironie bien sur) ; Parce que oui, ici encore, les gens se retournent sur notre passage (attention au poteauuuuuuuuuu!!)  et nous sifflent dans la rue, ce qui provoquera de grands éclats de rire chez Olga et une mauvaise habitude pour notre part...C'est vrai qu'en France, françaises parmi français, on est pas trop tape l'oeil!

Séance romantique : cavalcade à cheval parmi les fleurs des champs (digne de Doña Barbara) avec Felipe et Matías. Eh oui, Lisa, quelque peu angoissée à l'idée de chevaucher un tel animal, se retrouve contrainte de monter derrière Felipe ...Zuut alors!




Séance mécanique : visite du "taller de vulcanizacion" ( garage- atelier de soudure et autres trucs compliqués) de Juan&fils, oú nous tenterons de nous intéresser au fonctionnement des appareils ...en vain ( Le soir venu, Matías viendra offir à Eloise un dictionnaire de mécanique en español....elle en rêve encore).

Et le dimanche (c'est le jour du mariage!) ou plûtot celui des murtillas, ces petites baies sauvages qui constituaient l'une des cueillettes importantes des mapuches. Direction le Fundo Chilkoko: nous nous entassons dans les voitures,les paniers remplis de sopaipillas (beignets de pain) et de fromage frais sur les genoux, les jeunes, les vieux, les voisins, les chiens, les puces (décidément adoptées!)...Tous aux murtillas!!

Le chemin fut chaotique et semé d'embauches : nous pousserons les voitures, couperons un arbre tombé en travers de la route, nous perdrons un peu et reviendront au point de départ, pour au final s'arrêter et partager un bon repas en rigolant de la situation mais toujours sans la moindre trace de murtillas. On nous explique que les plantations de pins et d'eucalyptus ont détruits tous les écosystèmes natifs existants ; il faut donc aller chercher toujours plus loin les murtillas...Et ce dimanche, nous reviendront fourbus, heureux mais sans murtillas...!
Nous nous rattraperons en mangeant chataîgnes, fruits de mer et poissons frits tant bien mijotés par Olga.
Nous faisons nos adieux, mais gardons nos larmes pour plus tard, car nous allons certainement revenir pour la replantation du Rewe et le jeu de Palin à la Laguna de Chilkoko ( voir aussi article LLico).
A bientot, donc!

Llico pour la suite

Le jour des 19 ans d'Eloise, nous quittons la campagne reculée de Lloncao las dunas pour se rendre à Llico.
(Au passage, faute de gâteau, nous ferons une folie de chocolat : le pack-cantine de barres super8, quelques tablettes et des petits n'oeufs de Pâcques : ¡Feliz Cumpleaños!)

Llico est un tout petit village en bord de mer qui a beaucoup souffert du tremblement de terre de février 2010 ainsi que du tsunami qui le suivit : tous les restaurants et un bon nombre de maisons proches de la côte furent détruits, laissant de nombreuses familles s'entasser dans de petites bicoques de substitution. Aujourd'hui encore, certaines familles restent sans moyen pour reconstruire une maison et continuent de vivre dans ces "aldea". L'activité économique a été également complétement boulversée par cette catastrophe naturelle, surélevant la plage et provoquant la disparition de nombreux fruits de mer. Nombres de pêcheurs furent obligés d'aller chercher du travail dans les villes voisines, ne pouvant plus vivre de la récolte des algues et des fruits de mer.

Llico n'est pas un lieu à touristes, ou du mois pas à touristes françaises : pendant la haute saison, au coeur de l'été, des chiliens de Santiago ou de Concepcion s'aventurent parfois dans la contrée... Mais deux petites blondes, c'est du jamais vu !! Autant dire qu'on ne passe pas inaperçues, on dirait même des bêtes de foire un peu rares...
Qu'est-ce qu'elles font là ces 2 "gringas" ? C'est vrai ça, qu'est-ce qu'on fait à Llico ?
Et bien, on a été invitées par le Lonko (le chef) de la communauté mapuche de LLico, Don Luis Lincopi. (photo ci-contre)

Et pourquoi ? Un peu de patience, voici l'histoire : Au delà de Llico, s'étend ce qu'on appelle le "Fundo Chilkoko" : vue d'avion ou vue de pietons, on y voit que des pins, des pins bien alignés et de tout côté. C'est une plantation de Bosque Arauco, puissante entreprise forestière qui exploite des milliers d'hectares de pins et d'eucalyptus dans la région. Petit à petit la forêt native disparaît et les ecosystèmes se trouvent boulversés, générant de nombreux problèmes environnementaux. Par exemple, les eucalyptus monopolisent toutes les ressources en eau au détriment du reste de la végétation, qui, en disparaissant, boulverse également les petites activités économiques de cueillettes, de pêche et de chasse...
L'autre problème, c'est qu'ancestralement le fundo chilkoko appartenanit à 3 familles mapuches et que leur territoire fut usurpé par un voisin Gringo (dans la culture orale mapuche, les papiers certifiant l'appartenance à ces territoires étaient inexistants), qui en fit don à l'Université de Concepcion (l'Etat) qui la vendit à Bosque Arauco (l'entreprise forestière). Bref, sombre et complexe histoire...

Aujourd'hui, ces trois familles (nouvelles générations comprises) se retrouvent sans terres et vivent dans les petites villes environnantes. Ensemble, elles aimeraient récupérer le "fundo Chilkoko" et en premier lieu ses sites sacrés. Il y en a plus de 32 parmi lesquels se trouvent le Treng-treng (colline sacrée qui de par sa situation et sa hauteur, permet de voir l'horizon et le cercle de la terre, donnant l'impression à l'observateur de se trouver au centre du monde ) ; El Trayenko ( cascade où la Machi venait chercher des remèdes; c'est
dans ce même site que se réalisaient les bains pendant le nouvel an mapuche, le watripantu) ;  la LLawinkura ( pierre creusée et remplie d'eau, où se présentaient les nouveaux nés à la Terre Mère) ; et la Laguna, lieux de cérémonie, où se déroule par exemple le jeu de Palin (auquel nous allons d'ailleurs participer en cette fin de mois).
Aujourd'hui, pour accéder à ces sites, les membres de la communauté doivent demander une clé et une permission pour réaliser leurs cérémonies en ces lieux.


Nous assisterons d'ailleurs à une réunion avec les gérants de cette monstrueuse entreprise, dont le slogan est, si ironique puisse-t-il sonner, "Auraco : sembremos
futuro" ( Auraco: nous plantons le futur)... Les membres de la communauté ont réussi à obtenir une entrevue afin d'engager le dialogue sur la récupération de ces terres et tenter de trouver des compromis et des accords. Même si la conversation nous a parut relativement ouverte, le processus risque d'être long et difficile, au vue de la puissance de l'entreprise...

Et nous dans tout cela? Nous, on peut se rendre utile avec notre caméra "Pucha" : chaque famille voudrait reconstituer son historique, avec des images des lieux et des récits, pour avoir ainsi une trace et un appui de plus pour la lutte. Nous sommes donc enrolées en tant que caméraman amateurs euuh que dis-je, professionnels voyons, pour réaliser l'historique de la famille Lincopi.

Quand nous ne parcourons pas les sentiers en quête de sites sacrés, nous travaillons dur aux fourneaux : nous sommes logées chez la fille de Don Luis, Léonore et sa famille, qui tiennent une petite boulangerie-patisserie-épicerie. Nous mettons la main à la pâte (dans tous les sens du terme) et instaurons des nouveautés à la vitrine : "gâteaux français"-un moka en l'occurence!-, "biscuits français"- des cookies (humm, plûtot européennes que françaises les douceries...). Mais apparement, l'éxotisme plaît et nous jouons donc aux pâtissières. Enfin, jouer à la marchande en español, c'est pas ce qu'il y a des plus faciles, mais bon, en toute humilité, les deux extraterrestres s'en sortent pas si mal sur la fin du séjour... (bien que la rapidité dans la coupe du jambon soit encore à perfectionner!)

Nous nous étions habituées à des contacts faciles, des relations fluides s'installant rapidement, aidées par une bonne dose d'humour et de rire.... Cependant, avec la famille de Léonore, le lien fut un peu plus long à s'établir, les discussions et la confiance se sont installés plus progressivement... Mais au final, peut-être était-ce donc plus sincère, moins superficiel comme ça peut l'être parfois avec ces rencontres chaleureuses, certes, mais tellement rapides qu'elles ne peuvent être réellement profondes.
Parfois, il ne faut pas vouloir brusquer ou chercher trop vite l'amitié... Parfois, il faut peut être simplement laisser le temps que les choses se fassent d'elles mêmes, laisser le temps à l'Autre de nous connaître et de nous apprécier pour ce que l'on est vraiment...
On se sent bien dans cette "panaderia" (boulangerie), se réveillant tous les matins avec une bonne odeur de pain chaud que l'on mange à toute heure du jour et de la nuit, et partons de Llico à reculons...
Mais ça, c'est l'inévitable inconvénient du voyage : on quitte là où on est bien pour aller vers du nouveau, recommencer à chercher à s'adapter, à essayer de s'intégrer, se faire accepter, aller vers un inconnu qui sera peut-être plus difficile, moins sympathique...ou encore meilleur!