Etre mapuche au chili actuel

       Aujourd’hui le gouvernement chilien continue à ne pas reconnaître l’identité de ce peuple et son territoire. La communauté reste toujours  marginalisée et exclue de la société chilienne, les entreprises continuent de s’installer en territoire mapuche, usurpant leur terre et exploitant, détruisant ses richesses sans demander l’avis ni l’accord des mapuches.
   
      "A la méconnaissance de leurs coutumes et de leur langue par la société chilienne, au mépris des communautées et de leurs dirigeants naturels, au racisme sournois envers « l’indien », à l’usurpation des rares terres ancestrales qu’ils possèdent encore par de grandes entreprises forestières ou hydro-électriques, il faut encore ajouter l’étrange situation de pauvreté, de misère et d’abandon dans laquelle se trouvent ces communautés dans un pays qui ne cesse de se réclamer comme étant l’un des plus dynamiques et modernes de l’Amérique du Sud.
          La plupart des Chiliens ignorent que dans le Sud du Chili les Mapuches vivaient sur un territoire qui était le leur jusqu’en 1883 et que celui-ci à été envahi par l’armée chilienne qui leur a attribué les terres les plus pauvres en usurpant 90% du territoire indigène. La société chilienne considéra alors que les Mapuches s’assimileraient progressivement à l’ensemble de la population.
Mais cela s’est-il vraiment produit ?
De nos jours la mémoire collective n’a gardé comme seuls traits marquants de la culture indigène que les costumes typiques, les tissages, les bijoux et la poterie." (Pedro Vasquez)

Mais si le peuple mapuche a réussi à traverser toute cette époque d’oppression et de persécution et subsiste encore en ce début de siècle, c’est certainement grâce à sa forte identité : à ses profondes racines à la Terre, la montagne, la mer, sa langue (Mapudugun), son organisation sociale, ses croyances, coutumes et toute sa culture avec  laquelle ils trouvent la force de survivre en tant que peuple, et la persévérance pour pérenniser leur identité.
Langue, identité et religiosité permettent aujourd’hui aux Mapuches de se sentir comme faisant partie d’un peuple qui s’est adapté aux défis que la modernité lui imposait mais qui conserve l’essentiel de sa culture.
C’est pour cela que les mapuches continuent aujourd’hui à lutter pour conserver leur identité, leur culture et gérer eux-mêmes leur développement qu’ils veulent durable en cohérence et en harmonie avec le développement naturel ; Celui-ci étant très menacé avec le développement libéral et compétitif choisi par les autorités chiliennes.
       
            Ce combat passe par la lutte pour récupérer une partie de leurs terres volées par l’Etat Chilien et pour leurs intérêts bafoués par les multinationales installées dans leur région, particulièrement les grandes compagnies minières et forestières, les élevages intensifs de poissons, et les centrales hydro-électriques qui détruisent l’environnement en créant un déséquilibre écologique et des problèmes de santé publique.
Ils  aspirent à une reconnaissance en tant que minorité, fière d’être un des peuples originaires du Chili. Actuellement les mapuches ne veulent plus être intégrés à la société chilienne mais plutôt avoir une place dans une société pluriethnique.

Ces  revendications ethniques prennent désormais une ampleur et un retentissement nationaux qui ne peuvent laisser indifférents les responsables politiques et les décideurs économiques de la société chilienne.

(Avec l'aide precieuse des documents de Pedro Vasquez)