· Avant l’arrivée des espagnols, les mapuches occupaient une grande partie du territoire
chilien, avec une organisation communautaire, sociale et économique déjà bien définie, qui a persisté plus ou moins jusqu’à aujourd’hui. Ils parlaient déjà le mapudugun actuel…
· En 1541, les conquistadors espagnols arrivèrent. Durant 100 ans, les mapuches résistèrent à
l’invasion, luttèrent jusqu’à ce que les conquistadors reconnaissent leur territoire au sud du fleuve Bio-Bio jusqu’à l’île de Chiloé. Ils signèrent avec la Couronne d’Espagne un traité reconnaissant leur identité, leur territoire (qu’ils nommèrent Araucanie) et leur indépendance (le traité Quillin-1641).
Ce fut le peuple indigène qui résista le plus longtemps à l’invasion et la domination hispanique.
En effet, à la différence des autres Grands Etats précolombiens centralisés et sédentaires de l’époque, comme les Aztèques ou les Incas, la société mapuche n’avait pas atteint un niveau de développement comparable. Celle-ci appartenait à tous ceux qui y vivaient, mais à personne en particulier. Ils n’avaient pas d’activités agricoles stables, ni prêtres, ni rois, et par conséquent, ils étaient semi-nomades, sans royaume ni Etat. Ainsi ils furent une proie bien difficile pour le conquérant qui s’attaquait directement à l’appareil politique et administratif de ces empires.
· 1810 : Indépendance du Chili. La frontière reste la même, le territoire Mapuche ne fait pas partie
du Chili et ce nouvel Etat accepte que les mapuches maintiennent la souveraineté sur leurs terres.
· A partir de 1881, le gouvernement chilien décide d’envahir le vaste territoire fertile de l’Araucanie avec son armée, pour unifier définitivement le pays en occupant les terres mapuches qui deviendront publiques, pour être ensuite vendues aux colons ; et pour exploiter ses richesses : les ressources naturelles comme les forêts, les rivières ou lacs…. Cette expédition militaire reçoit le nom de « Pacification de l’Araucanie ». La structure sociale Mapuche fut complètement détruite : les lonkos qui détenaient terre et pouvoir furent entassés avec leurs familles sur de petites extensions aux limites très étroites de terres improductives, des réserves appelées « réductions ». Cette pacification qui n’a jamais été considérée comme une guerre est une tâche terrible dans l’histoire du Chili démocratique et républicain, par l’inégalité des forces en conflit, les massacres par l’armée et les colons contre les communautés indigènes, l’assassinat de femmes et enfants, les incendies de leurs rukas, le vol de leur bétail et les « battues contre les indiens » organisées, sans compter la famine et les maladies que connurent les « survivants ». Ce fut deux années tragiques dont on ne connaîtra jamais les pertes.
Ainsi, le gouvernement repoussa la frontière du Chili, y installant ensuite progressivement ses entreprises et ses exploitations intensives. Plus tard ce fut au tour des multinationales de s’installer…
Les mapuches marginalisés furent obligés de quitter leurs terres et leurs communautés pour aller chercher du travail vers les grandes villes du Sud (Santiago, Concepcion ou Temuco). Ceux qui restèrent, connurent pour la plupart le chômage et la situation n’a peu évolué jusqu’à aujourd’hui.